Tombé en désuétude au XVIIe et au XIXe siècle, le pèlerinage de Compostelle estredevenu un phénomène de société depuis plus d’une vingtaine d’années: hommes, femmesde tous âges, de toutes conditions sociales, de toutes nationalités, de toutes croyanceségalement effectuent chaque année une partie ou la totalité du Chemin.

Alors que nos sociétés consuméristes sont devenus de plus en plus chronophages, oupeut-être à cause de cela, le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle est l’éloge même de lanotion de temps: le temps de la marche, pas après pas, heure après heure, jour après jour, moiaprès moi. Paradoxe.

[…]


Q… comme la quête du Pèlerin

 

Le pèlerinage, tous les pèlerinages résonnent au plus profond de l’âme humaine.

Pèlerinage du latin peregrinus qui signifie étranger, voyageur: outre le but à atteindre,rendre hommage à un lieu ou à un saint qu’on vénère, au-delà de la volonté exacerbée,quotidienne qu’il suscite, de la peur quelquefois, de la souffrance parfois, le pèlerinage vapermettre un abandon total de ses habitudes, de son soi quotidien, de ses propres limites etainsi permettre à celui qui l’effectue un double voyage: intérieur et extérieur, chacun de cesvoyages se nourrissant et s’enrichissant de l’autre.

Au terme d’un cheminement de plus d’un mois en moyenne, dans le vent, la pluie, laboue, la chaleur ou l’humidité, dans la communion répétée avec la terre mais aussi le regardtourné vers le ciel, dans ces échanges sur le Chemin ou à l’étape avec les autres, chacuncommuniant dans un chant universel de respect, d’écoute, de fraternité.

Les attributs du pèlerin au nombre de trois, comme les trois dimensions de l’espace,trois comme la symbolique des trois mondes: celle de la matière, de l’esprit et de l’âmetémoignent de cette vision de transformation.

Le premier d’entre eux, c’est le bâton (le bourdon). Le bâton qui soutient la marche, quirelie le pèlerin à la Terre, à ses courants telluriques, ce même bâton qui peut lui servir d’armeen cas de danger.

C’est également la gourde remplie d’eau qui purifie au fur et à mesure du Chemin.Signe distinctif du Jacquaire, de celui qui fait le Chemin de Compostelle: la coquille,symbole de fécondité, symbole de régénération.

Et puis là haut, tout là-haut, il y a cette étoile qui guide le pèlerin sur sa route…

Pour beaucoup de pèlerins, le Chemin ne s’arrête pas en effet à Saint-Jacques deCompostelle, mais sur les rives de l’Ulla, à Padrón.

Un proverbe le rappelle:

 

Quen va Santiago e non va a Padrón

O faz romeria o non

(Qui vait à Saint-Jacques et ne rend pas à Padrón

A fait ou non un pèlerinage)


Il n’est pas rare alors, comme le veut la tradition, qu’avant de partir, ils assistent aucoucher du soleil, brûlent leurs vêtements et ramassent une coquille…

 


Source: Beuzelin, Jean-Marie: Saint-Jacques de-Compostelle de A à Z, Paris : atlantica, 2010, pp.3, 47-48

 


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